Forugh Farrokhzad (Persian: فروغ فرخزاد; January 5, 1935 — February 13, 1967) was an Iranian poet and film director. Forugh Farrokhzad is arguably one of Iran's most influential female poets of the twentieth century. She was a controversial modernist poet and an iconoclast.
At 4:30PM on February 13, 1967, Farrokhzad died in a car accident at age thirty-two. In order to avoid hitting a school bus, she swerved her Jeep, which hit a stone wall; she died before reaching the hospital. Her poem Let us believe in the beginning of the cold season was published posthumously, and is considered by some to be one of the best-structured modern poems in Persian.
It begins like this:
"And this is I
a woman alone
at the threshold of a cold season
at the beginning of understanding
the polluted existence of the earth
and the simple and sad pessimism of the sky
and the incapacity of these concrete hands."
Une autre naissance
Tout mon être est un verset de l'obscurité
Qui en soi-même te répète
Et te mènera à l'aube des éclosions et des croissances éternelles
Je t'ai soupiré et soupiré
Dans ce verset je t'ai, à l'arbre, à l'eau et au feu, greffé.
La vie peut-être
Est une longue rue que chaque jour traverse une femme avec un panier
La vie peut-être
Est une corde avec laquelle un homme d'une branche se pend
La vie peut-être est un enfant qui revient de l'école
La vie peut-être c'est allumer une cigarette
dans la torpeur entre deux étreintes
Ou le regard distrait d'un passant
Qui soulève son chapeau
Et à un autre passant, avec un sourire inexpressif, dit : "Bonjour."
La vie peut-être est cet instant sans issue
Où mon regard dans la prunelle de tes yeux se ruine
Et il y a là une sensation
Qu'à ma compréhension de la lune et ma perception des ténèbres je mêlerai.
Dans une chambre à la mesure d'une solitude
Mon coeur
A la mesure d'un amour
Regarde
Les prétextes de son bonheur
Le beau déclin des fleurs dans le vase
La pousse que dans le jardin tu as plantée
Et le chant des canaris
Qui chantent à la mesure d'une fenêtre.
Ah...
C'est mon lot
C'est mon lot
Mon lot
C'est un ciel qu'un rideau me reprend
Mon lot c'est de descendre un escalier abandonné
Et de rejoindre une chose dans la pourriture et la mélancolie
Mon lot c'est une promenade nostalgique dans le jardin des souvenirs
Et de rendre l'âme dans la tristesse d'une voix qui me dit :
"Tes mains
Je les aime".
Mes mains je les planterai dans le jardin
Je reverdirai, je le sais, je le sais, je le sais
Et les hirondelles dans le creux de mes doigts couleur d'encre
Pondront.
A mes oreilles en guise de boucles
Je pendrai deux cerises pourpres et jumelles
Et à mes ongles je collerai des pétales de dahlia.
Il est une rue là-bas
Où des garçons qui étaient de moi amoureux, encore
Avec les mêmes cheveux en bataille, leurs cous graciles
et leurs jambes grêles,
Pensent aux sourires innocents d'une fillette qu'une nuit
le vent a emportée avec lui.
Il est une ruelle
Que mon coeur a volée aux quartiers de mon enfance.
Volume en voyage
Sur la ligne du temps
Volume qui engrosse la sèche ligne du temps
Volume d'une image vigile
Qui revient du festin d'un miroir
Et c'est ainsi
Que l'un meurt
Et que l'autre reste.
Au pauvre ruisseau qui coule dans un fossé
Nul pêcheur ne pêchera de perles.
Moi
Je connais une petite fée triste
Qui demeure dans un océan
Et joue son coeur dans un pipeau de bois
Doucement doucement
Une petite fée triste
Qui la nuit venue d'un baiser meurt
Et à l'aube d'un baiser renaît.
Foroukh Farrokhzâd
poème traduit par: Mohammad Torabi et Yves Ros
Tradução portuguesa por Vasco Gato
Um outro nascimento
Todo o meu ser é um cântico negro
que ao repetir-te em si mesmo te levará
ao despertar dos crescimentos e florescimentos eternos
Sussurrei-te neste cântico, ah,
acrescentei-te neste cântico
à árvore e à água e ao fogo
* * *
Talvez a vida
seja uma rua comprida pela qual passa todos os dias uma mulher segurando um cesto
Talvez a vida
seja uma corda com a qual um homem se enforca num ramo
Talvez a vida seja uma criança a regressar a casa da escola
Talvez a vida seja acender um cigarro na pausa narcótica entre dois abraços
ou o trânsito ausente de um homem que passa
tirando o chapéu a um outro homem que passa
com um sorriso vazio e um "bom dia"
Talvez a vida seja esse momento vedado
em que o meu olhar se destrói na pupila dos teus olhos
E nisto reside uma sensação
que eu misturarei à impressão da lua e à descoberta da escuridão
Num quarto do tamanho de uma solidão
o meu coração
do tamanho de um amor
contempla os simples pretextos da sua felicidade,
o murchar da beleza das flores na jarra
a jovem árvore que plantaste no jardim da nossa casa
o canto dos canários
que entoam a medida de uma janela
Ah
Eis a minha sina
Eis a minha sina
A minha sina
é um céu que a queda de uma cortina me furta
A minha sina é descer umas escadas abandonadas
e encontrar algo em putrefacção e exílio
A minha sina é um passeio angustiado pelo jardim das memórias
e entregar a alma à tristeza de uma voz que me diz:
"Eu amo
as tuas mãos"
Planto as minhas mãos no jardim
Hei-de vicejar, eu sei, eu sei, eu sei
e as andorinhas hão-de pôr ovos
no vazio das minhas mãos manchadas de tinta
Penduro nas minhas orelhas brincos de cerejas gémeas
e enfio pétalas de dália nas minhas unhas
Há uma viela
onde os rapazes que me amaram,
com o mesmo cabelo despenteado,
os mesmos pescoços finos e as mesmas pernas magras,
pensam ainda nos sorrisos inocentes de uma rapariga
que foi levada pelo vento certa noite
Há uma viela que o meu coração
roubou aos cenários da minha infância
A viagem de uma forma pela linha do tempo,
fecundando a linha estéril do tempo com uma forma,
uma forma consciente de uma imagem
a regressar do festejo de um espelho.
E é assim
que alguém morre
e alguém permanece
Nenhum pescador procurará jamais uma pérola
num pequeno regato que se esvazia numa valeta
Eu
conheço uma fada pequena e triste
que instalada no oceano
toca o coração numa flauta de madeira
baixinho, baixinho
uma fada pequena e triste
que com um beijo morre todas as noites
e com um beijo renascerá a cada amanhecer
- Forough Farrokhzad
(tradução de Vasco Gato)
Photos from the movie/documentary and the last one is Forugh Farrokhzad
The House Is Black
(Khaneh siah ast)
The house is black.jpg
The House is Black (خانه سیاه است)
Directed by Forough Farrokhzad
Written by Forough Farrokhzad
Release dates
1962
Running time
22 minutes
Language Persian
At 4:30PM on February 13, 1967, Farrokhzad died in a car accident at age thirty-two. In order to avoid hitting a school bus, she swerved her Jeep, which hit a stone wall; she died before reaching the hospital. Her poem Let us believe in the beginning of the cold season was published posthumously, and is considered by some to be one of the best-structured modern poems in Persian.
It begins like this:
"And this is I
a woman alone
at the threshold of a cold season
at the beginning of understanding
the polluted existence of the earth
and the simple and sad pessimism of the sky
and the incapacity of these concrete hands."
Une autre naissance
Tout mon être est un verset de l'obscurité
Qui en soi-même te répète
Et te mènera à l'aube des éclosions et des croissances éternelles
Je t'ai soupiré et soupiré
Dans ce verset je t'ai, à l'arbre, à l'eau et au feu, greffé.
La vie peut-être
Est une longue rue que chaque jour traverse une femme avec un panier
La vie peut-être
Est une corde avec laquelle un homme d'une branche se pend
La vie peut-être est un enfant qui revient de l'école
La vie peut-être c'est allumer une cigarette
dans la torpeur entre deux étreintes
Ou le regard distrait d'un passant
Qui soulève son chapeau
Et à un autre passant, avec un sourire inexpressif, dit : "Bonjour."
La vie peut-être est cet instant sans issue
Où mon regard dans la prunelle de tes yeux se ruine
Et il y a là une sensation
Qu'à ma compréhension de la lune et ma perception des ténèbres je mêlerai.
Dans une chambre à la mesure d'une solitude
Mon coeur
A la mesure d'un amour
Regarde
Les prétextes de son bonheur
Le beau déclin des fleurs dans le vase
La pousse que dans le jardin tu as plantée
Et le chant des canaris
Qui chantent à la mesure d'une fenêtre.
Ah...
C'est mon lot
C'est mon lot
Mon lot
C'est un ciel qu'un rideau me reprend
Mon lot c'est de descendre un escalier abandonné
Et de rejoindre une chose dans la pourriture et la mélancolie
Mon lot c'est une promenade nostalgique dans le jardin des souvenirs
Et de rendre l'âme dans la tristesse d'une voix qui me dit :
"Tes mains
Je les aime".
Mes mains je les planterai dans le jardin
Je reverdirai, je le sais, je le sais, je le sais
Et les hirondelles dans le creux de mes doigts couleur d'encre
Pondront.
A mes oreilles en guise de boucles
Je pendrai deux cerises pourpres et jumelles
Et à mes ongles je collerai des pétales de dahlia.
Il est une rue là-bas
Où des garçons qui étaient de moi amoureux, encore
Avec les mêmes cheveux en bataille, leurs cous graciles
et leurs jambes grêles,
Pensent aux sourires innocents d'une fillette qu'une nuit
le vent a emportée avec lui.
Il est une ruelle
Que mon coeur a volée aux quartiers de mon enfance.
Volume en voyage
Sur la ligne du temps
Volume qui engrosse la sèche ligne du temps
Volume d'une image vigile
Qui revient du festin d'un miroir
Et c'est ainsi
Que l'un meurt
Et que l'autre reste.
Au pauvre ruisseau qui coule dans un fossé
Nul pêcheur ne pêchera de perles.
Moi
Je connais une petite fée triste
Qui demeure dans un océan
Et joue son coeur dans un pipeau de bois
Doucement doucement
Une petite fée triste
Qui la nuit venue d'un baiser meurt
Et à l'aube d'un baiser renaît.
Foroukh Farrokhzâd
poème traduit par: Mohammad Torabi et Yves Ros
Tradução portuguesa por Vasco Gato
Um outro nascimento
Todo o meu ser é um cântico negro
que ao repetir-te em si mesmo te levará
ao despertar dos crescimentos e florescimentos eternos
Sussurrei-te neste cântico, ah,
acrescentei-te neste cântico
à árvore e à água e ao fogo
* * *
Talvez a vida
seja uma rua comprida pela qual passa todos os dias uma mulher segurando um cesto
Talvez a vida
seja uma corda com a qual um homem se enforca num ramo
Talvez a vida seja uma criança a regressar a casa da escola
Talvez a vida seja acender um cigarro na pausa narcótica entre dois abraços
ou o trânsito ausente de um homem que passa
tirando o chapéu a um outro homem que passa
com um sorriso vazio e um "bom dia"
Talvez a vida seja esse momento vedado
em que o meu olhar se destrói na pupila dos teus olhos
E nisto reside uma sensação
que eu misturarei à impressão da lua e à descoberta da escuridão
Num quarto do tamanho de uma solidão
o meu coração
do tamanho de um amor
contempla os simples pretextos da sua felicidade,
o murchar da beleza das flores na jarra
a jovem árvore que plantaste no jardim da nossa casa
o canto dos canários
que entoam a medida de uma janela
Ah
Eis a minha sina
Eis a minha sina
A minha sina
é um céu que a queda de uma cortina me furta
A minha sina é descer umas escadas abandonadas
e encontrar algo em putrefacção e exílio
A minha sina é um passeio angustiado pelo jardim das memórias
e entregar a alma à tristeza de uma voz que me diz:
"Eu amo
as tuas mãos"
Planto as minhas mãos no jardim
Hei-de vicejar, eu sei, eu sei, eu sei
e as andorinhas hão-de pôr ovos
no vazio das minhas mãos manchadas de tinta
Penduro nas minhas orelhas brincos de cerejas gémeas
e enfio pétalas de dália nas minhas unhas
Há uma viela
onde os rapazes que me amaram,
com o mesmo cabelo despenteado,
os mesmos pescoços finos e as mesmas pernas magras,
pensam ainda nos sorrisos inocentes de uma rapariga
que foi levada pelo vento certa noite
Há uma viela que o meu coração
roubou aos cenários da minha infância
A viagem de uma forma pela linha do tempo,
fecundando a linha estéril do tempo com uma forma,
uma forma consciente de uma imagem
a regressar do festejo de um espelho.
E é assim
que alguém morre
e alguém permanece
Nenhum pescador procurará jamais uma pérola
num pequeno regato que se esvazia numa valeta
Eu
conheço uma fada pequena e triste
que instalada no oceano
toca o coração numa flauta de madeira
baixinho, baixinho
uma fada pequena e triste
que com um beijo morre todas as noites
e com um beijo renascerá a cada amanhecer
- Forough Farrokhzad
(tradução de Vasco Gato)
Photos from the movie/documentary and the last one is Forugh Farrokhzad
The House Is Black
(Khaneh siah ast)
The house is black.jpg
The House is Black (خانه سیاه است)
Directed by Forough Farrokhzad
Written by Forough Farrokhzad
Release dates
1962
Running time
22 minutes
Language Persian
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2015-06-05
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